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AOUT 2009

NOUVELLES DE BUMI / AOUT 2009

Chers Amis de BUMI,

A notre retour de Belgique, il nous a fallu évaluer les activités réalisées pendant notre absence. Je vous donnerai aussi des nouvelles fraiches du pays.

Nous étions cinq jours d’affilée à Kakila accompagnés de six filles puisqu’elles sont en vacances. Un plaisir que de voir le cheptel en bonne santé malgré la saison sèche ; il y a eu deux mises bas ces derniers temps. Les bêtes se sont réjouies elles aussi à lécher environ trois kg de sel des mains de Lucien. Les filles nous ont aidés à nettoyer la maison très poussiéreuse du fait de notre longue absence.

L'enclos de package de bêtes est en très mauvais état : les sticks en bois ont été mangés par les termites, les fils barbelés couchés parterre. Des villageois ont été engagés pour la remise en état de cet enclos ; le travail devrait être achevé dans un mois. C’est du travail quoique la forêt soit environnante. Le bouvier, Mr Zongwe, n’a pas pu évacuer le fumier ; il l’a entassé devant les étables. Il y a donc une montagne de fumier attendant à être évacuée vers le potager à un km des étables : des jours, peut-être des semaines, de travail à la brouette. Les deux bouviers ne peuvent être partout et faire tout.

A la prochaine saison des pluies, débutant mi-décembre, nous pensons planter des bananiers, culture pérenne ne demandant pas un entretien quotidien. Nous pourrions acheter de jeunes plants chez Mr Simon ou chez le Dr Ilunga. Encore faudra-t-il les chercher de l’autre côté de Lubumbashi, vers Kasumbalesa ou Kasenga, pas du tout de notre côte, à plus de 150 km de Kakila, aller simple ! Dans le petit potager, nous avons compté 1074 plants de choux de Chine et probablement autant de choux pommés. Ce n'est pas grand-chose pour le nombre d'enfants à nourrir. Nous avons ramené 240 bottes pour le plaisir des enfants de Kamalondo et Karavia. Nous avons repiqué les pousses d'oignons en pépinière et arrosé abondamment pendant cinq jours pour alléger le travail des deux ouvriers qui sont également bouviers. Continuons à rêver d’une motopompe qui facilitera le travail et pourra améliorer la production.

Pendant notre séjour à Kakila, nous sommes allés visiter Mme Christine, la ferme voisine bien équipée : tracteur et accessoires de labour, semoir, conteneurs, panneaux solaires, groupe électrogène en plus, motopompe équipée de centaines de mètres de tuyaux d’arrosage pour son potager. Des travailleurs évidemment. Un camion pour le transport de la production vers Lubumbashi (à 105 km comme nous) et ramener de la drèche pour les chèvres et le poisson. Elle fait le potager et la pisciculture dans un bas fond de la source Kasenshi. Cette visite nous a émerveillés et nous laisse à rêver…

A Kamalondo, avec la nouvelle école partenaire « Cité de l’espérance », nous préparons la rentrée scolaire du 7 septembre : aménagement des salles, inscription des élèves, recrutement des enseignants. Mme Denise, notre éducatrice couturière coud les uniformes. Nous craignons que le budget alloué à la scolarisation ( 1 000 E) ne puisse suffire pour l'année; car d'une part le Dirécole veut que même nos enfants soient en possession de toutes les fournitures prescrites : cahiers en nombre précis, bics, lattes, cartables… et d'autre part les prix continuent à monter alors que le taux de change reste stable (1000 fc pour 1 euro).

Une ONG, All Protection, impliquée dans la protection des enfants, côté HIV, et soutenue par USAID (Aide des Américains au Développement) a fait, gratuitement, le test HIV à tous nos enfants de Kamalondo (55) et de ceux de Karavia (30). Une fille est séropositive et trois enfants doivent refaire le test. Cela nous rassure. Reste à savoir comment trouver les fonds pour soigner la fille.

Les enfants de Karavia sont particulièrement en bonne santé. Ils ne se sont pas ennuyés pendant les vacances. Mlle Magali, jeune française de 28 ans y est présente depuis deux mois, jour et nuit. Elle n'a pas exigeante quant au mode de vie, ni à la nourriture. Elle s'est occupée des loisirs, de l'hygiène, de la cuisine ; a eu un grand contact avec les villageois. Bien des qualités dont devraient s'équiper nos éducateurs et nos stagiaires : simplicité et dynamisme.

Deux jeunes de Tournai vont arriver bientôt. Au garçon, on proposera l’initiation des enfants à l’informatique ; la jeune fille s’occupera des plus petits.

Le Gouvernement du Katanga, enfin, a terminé la réhabilitation du Centre d’Accueil Transitoire pour les jeunes et enfants de la rue. Plus de 800 ont été ramassés à travers la ville. Ce ratissage devra être continué. Que vont-ils en faire ? Que vont-ils devenir ? Un travail d’identification de ces enfants se fait dans le but de les renvoyer dans leur lieu d’origine. Nombreux sont ceux venus du Kasaï. D’autres seront placés dans des ONG de protection pour leur réinsertion.


Meilleures salutations

Thérèse