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AOUT 2013

NOUVELLES D'AOUT 2013

 

 

En RDC, le 1er août est la fête des parents, vivants et défunts. C’est très beau d’unir les vivants aux défunts car tous nous ne faisons qu’une famille.

Mais laissez-moi d’abord vous parler de Jonathan, Prince Dianda et Tshintu, tous les trois arrivés très malades à Bumi.
Nous avons pu relever les deux premiers qui vont à présent fort bien, vont (ou allaient  à l'école puisque ce sont les vacances) jouent, sont des enfants vivants. L'un a été traité pour tuberculose; l'autre suit encore le traitement antirétroviro après avoir été hospitalisé à l'hôpital général de référence Sendwe.

Quant au petit Tshintu Kabeya , né le 7.8.2005, précision apportée par lui-même ce qui est rare et indique un certain éveil de l'esprit, il est décédé fin juillet suite au HIV.
Il est arrivé à Bumi en janvier 2013 en fort mauvaise santé (ganglions bilatéraux), mal nourri, tête plus grosse que celle d'un enfant de son âge dû aux ganglions, gentil et parlant relativement bien le français. Ses parents sont décédés en décembre 2012 l'un après l'autre ; ce qui nous met toujours en éveil sur le HIV.
Avant son arrivée chez nous, Tshintu avait été hospitalisé trois jours par son oncle qui finalement le retire de l'hôpital suite au prix d'hospitalisation et l'abandonne.  Tshintu traîne un peu en ville où un monsieur le ramasse et l'amène à Bumi.
Dans pareil cas, nous faisons toujours le test HIV et recherche de BK. Son code est à 5°, trop bas pour le mettre sous traitement antirétroviro . Les médecins commencent alors par le bactrim. Les semaines passant, la diarrhée sanguinolente et les candidoses ainsi que la dénutrition s'installent et l'emportent.
La veille de sa mort, Maman Thérèse le sort de l'hôpital; Tshintu vient chez ses amis à Kamalondo avec qui il a vécu, il bavarde avec eux, et personne ne s'en doutait la nuit il s'endort pour toujours.

Les enfants sont toujours très affectés par la disparition de l'un d'entre eux. Jonathan, Prince et Tshintu se savaient très malades. Je  crois que Jonathan et Prince savent aussi que nous avons pu les sauver; ce qui ne fut pas le cas pour Tshintu.

Ce 1er août, nous sommes donc allés nous recueillir sur sa tombe et celles des autres membres de la famille BUMI. Nous sommes parti, vers 16h pour éviter les encombrements de gens et de véhicules, au cimetière de la Gécamine où sont enterrés la majorité des défunts pauvres de la ville de Lubumbashi qui compte des millions d’habitants, certains enterrés durant la nuit, pour éviter de payer les frais imposés par la Commune.

Ce cimetière s’étend sur des hectares. Vous avez enterré quelqu’un cette semaine, la semaine suivante, il vous est difficile de retrouver sa tombe, tant de nouveaux s’y sont ajoutés d’une part, d’autre part la croix peut être volée. Au bout de quelques mois, les croix auront été mangées par les termites, comme probablement aussi le défunt. Il y a la partie réservée aux adultes et celle aux enfants.

Le cimetière est mal placé. Car lors de la saison des pluies, il est déjà arrivé que des cercueils avaient été emportés par les eaux. La profondeur de la tombe dépasse rarement 1m20.

Nous étions foule au cimetière, des gens venus en voiture, d’autres à pieds ; une foule de gens apportant gerbes ou couronnes en plastique. Des vendeurs les présentaient d’ailleurs aux visiteurs ainsi que de la boisson, des beignets, des carreaux, du ciment, du sable, car des visiteurs voulaient cimenter ou carreler les tombes de leurs parents défunts. Combien de travaux étaient exécutés à la va-vite, de travers, sans niveau !

Faut dire que les gens se conduisaient très correctement. Alors que lors d’un enterrement, il y a un vrai tumulte. D’abord, les chants de prières, puis mots d’adieu, suivis souvent de dispute et parfois de bagarre.

La tombe de Tshintu existe encore quoique piétinée...