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AVRIL 2010

NOUVELLES AVRIL 2010

Ce lundi de Pâques, 5 avril 2010.

Chers Amis,

 

Cette année, nous avons fêté Pâques sans œuf ni chocolat, mais les sourires et l’inébranlable bonne humeur des enfants nous ont permis de fêter l’évènement dans la joie.

Un petit commerçant indien, rentrant chez lui au pays nous a offert 50 kilos de riz, 2 litres d’huile, un sac de farine de froment de quoi faire des beignets pour la fête, un carton de sauce tomates pour une valeur de 77 euros.

Des « dames » ont donné des sachets de lait, des petites robes et culottes de secondes mains : nos enfants étaient habillés, beaux comme des fleurs multicolores. Que fallait-il de plus pour être heureux pendant une journée ! Ici on vit le jour le jour...

En plus de cela, quelques morceaux de porcs que Thérèse a fait mijoter la veille dans une bonne sauce aux tomates.

La boulangerie « La Brioche » nous a également été fidèle et chaque enfant a eu droit à quatre pistolets de pain.

Mais au réveil, les lendemains de Pâques, la vie reste dure pour nourrir tous ces marmots jamais rassasiés. Et les prix ne vont qu’augmentant et les taxes aussi, se diversifiant de surcroit. Si seulement Robin des Bois pouvait revenir … ! L’exploitant est toujours là, il n’a fait que changer de forme…

La plaque d’immatriculation d’un véhicule coûte officiellement 60 USD ; mais comme chaque bureau ajoute sa part, le montant total revient à 120 USD ; seuls 60 seront versés à la caisse de l’Etat, les 60 autres sont la part de survie des agents.

Et les assurances véhicules (et autres : scolaires etc.) : des tracasseries des semaines durant. Que de véhicules, taxis ne sortent que la nuit pour circuler librement et éviter les barrages routiers; les embouteillages se produisent la nuit et non plus le jour.

Pourtant la population reste calme, certains diraient amorphe. Elle supporte tout...

L’ai-je déjà dit, Angèle âgée de 8 à 10 ans est décédée fin février. Peut-être une libération pour cette fillette parlant très bien le français, elle qui a tant souffert durant plusieurs années.

Le petit Gracia (un garçon de 6-7 ans) hospitalisé pour troubles neurologiques, nous est revenu dans un piteux état : il ne parle plus alors qu’il parlait, ne marche plus, une jambe repliée sur la cuisse, alors qu’il marchait avant d’être hospitalisé à l’Hôpital Général de Référence Sendwe; il est grabataire ; son sourire n’est qu’une grimace qu’il nous offre. Triste à dire : Gracia est un grand poids pour les éducateurs et les enfants : le retourner, le laver, le vêtir, le sortir, le nourrir, lui tenir compagnie… Les Affaires Sociales communales qui nous l’ont confié il y a un peu plus d’un an nous disent aujourd’hui : « gardez-le, Bumi est une œuvre philanthropique ».

Un mot plus encourageant.

Souvenez-vous de Pauline Kibambi a eu la polio très jeune enfant. Elle est restée handicapée rampant parterre jusqu’à l’âge de 16 ans et c’est lorsque sa grand-mère est décédée qu’elle a trouvé le chemin de Bumi à Kamalondo.

Assez vite nous avions trouvé le soutien auprès de « Médecins Sans Vacances » et des chirurgiens orthopédistes belges l’avaient opérée et remise debout.

Nos grandes filles se sont occupées de Pauline jour et nuit pendant trois mois de soins; nous leur devons aussi dire merci.

Etre debout (même appuyée sur des béquilles) fut presque un choc pour Pauline, elle qui ne voyait le monde et les hommes qu’à partir de cinquante centimètres de haut. Le fait d’être debout, de se sentir comme les autres filles a provoqué des phénomènes physiologiques normales que Pauline ignorait par la passé. A cette époque (en 2003), l’opération, l’hospitalisation, la rééducation ne nous coûtaient que 300 USD ; l’association des médecins et une association néerlandaise supportant tous les frais. Ce qui nous revenait cher, c’était l’appareillage et les chaussures qu’il fallait renouveler régulièrement.

Depuis lors, Pauline a pris le chemin de l’école Bumi, a terminé sa formation en coupe-couture et a fait de Bumi sa famille, en prenant en charge spontanément et progressivement les plus petits. Aujourd’hui elle a demandé à aller à Karavia pour prendre la responsabilité des douze petits d’une maison familiale. Espérons qu’elle s’y fera et s’épanouira.

Ce serait une chance pour nous et une réussite d’intégration sociale, car Bahati, une de nos autres grandes filles, déjà mariée et qui avait la responsabilité d’une maison familiale à Karavia, a déménagé suivant son mari.

Merci de nous aider à faire grandir les autres.

Cordialement

Thérèse et Lucien

 

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