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AVRIL 2011

NOUVELLES d’AVRIL 2011

 

Pâcques, ce 24 avril 2011

Une fête, ça se prépare. Ce doit être une  fête pour le cœur et le corps . Une fois le ventre rempli, le cœur s’anime et le corps danse. Tout est alors mouvement, gaîté,  joie, vie. Quoi de plus pour être heureux ! En vêtements multicolores, en nourriture, c’est ce que nous avons essayé d’offrir à nos enfants de Karavia et de Kamalondo. Et ça nous a permis d’oublier  nos soucis pour une journée.

 

Pâques c’est l’Agneau Pascal, c’est connu de tout le monde.  Et pour la première fois, les enfants ont eu en cadeau une chèvre d’un donateur…. musulman ! Plus rien ne nous surprend dans ce monde rempli de signes merveilleux pour qui sait les lire.

Arrivant à la rivière de Karavia, à hauteur de la première de nos maisons, un  attroupement de gens. Nous nous arrêtons… Un homme et une femme dans la rivière !... Un baptême !  Sur le rivage, un prédicateur lit et commente un texte de la Bible. Nous n’avons pas pris de photo. Est-ce par respect ou parce que ce n’est pas la première fois que nous assistons  à un tel événement au même endroit ? Et pour bien symboliser l’événement, à dix mètres du lieu de baptême, une femme tout naturellement lavait son linge dans la même eau.  Magnifique de signification !

 

Bonnes fêtes de Pâcques à vous aussi!

Lucien

 

L’histoire de Chadrack : Une heureuse réinsertion familiale.

Le 4 avril nous avons reçu la visite de Mongenedu Kaji et de sa fille venues toutes les deux en train de Sandoa au Katanga près la frontière angolaise, à environ 500 km de Lubumbashi.

Mme Mongenedu est la grand-mère maternelle de Chadrack. Elle est venue à Lubumbashi exprès pour rechercher ses trois petits-enfants devenus orphelins lors de la mort de leur père – Simon, le fils de Mme Mongenedu.

Elle parle un très bon français, étant enseignante par le passé. Maintenant elle prend de l’âge sans être vieille.

Voici l’histoire de Chadrack : le père de Chadrack est décédé en 1998 à Lubumbashi. Il était policier national. Après sa mort, sa femme et ses trois enfants partent vivre chez une amie qui décide aussitôt de « déposer » Chadrack et sa sœur Falonne à BUMI, les accusant d’être sorciers. Leur troisième sœur trouvera refuge à Likasi. Quant à la famille du côté maternel, elle se désintéresse totalement des enfants.

Au bout de quelques années, Falonne fuit Bumi et va chez « Mutoto », un autre centre d’accueil. Quant à Chadrack, il grandit à Bumi, malgré des fugues régulières vers la rue, attirante et bruyante.

Ce 4 avril, au bout de un mois de recherche, Mongenedu, la grand-mère paternelle trouve le chemin de Karavia, notre village d’enfants situé en périphérie de Lubumbashi.

C’est là qu’elle y découvre Chadrack. Les deux se reconnaissent et tombent dans les bras l’un de l’autre. La grand-mère fond en larmes de joie. Dix années de séparation entre ces membres d’une même famille…

Notre décision de remettre Chadrack à sa famille est prise avec satisfaction.

Le lendemain nous prenons la voiture pour aller au centre d’accueil « Mutoto » pour retrouver Falonne qui fait la moue à sa grand-mère. On lui avait promis qu’elle partirait en Allemagne, participer à des spectacles d’acrobatie organisés par le centre d’accueil, et la voilà maintenant contrainte de retourner à Sandoa, à une vie de famille normale.

La grand-mère est heureuse d’avoir déjà retrouvé Chadrac et Falonne. Elle ira à Likasi pour retrouver (espérons-le) le troisième enfant. Elle ne retournera pas à Sandoa sans ses trois petits-enfants, jure-t-elle, tant elle a souffert de cette séparation et de la vie de vagabond des enfants.

Aujourd’hui ces enfants ont l’âge de 12- 14- 16 ans environ.

Nous aussi sommes heureux de cette retrouvaille et de cette réunification familiale.