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JANVIER 2010

NOUVELLES JANVIER 2010

 

En ce début 2010, nous adressons nos plus vifs remerciements à tous ceux qui, soit à titre privé, soit en associations, ont soutenu les actions de BUMI à Lubumbashi durant l’an 2009. Grâce à vous, nos enfants, devenus vos enfants, ont fait un pas en avant vers un avenir meilleur. Ces enfants comptent encore sur votre appui pour grandir sereinement.

Voici quelques nouvelles concernant nos activités réalisées durant écoulée (le rapport d’activité 2009 sera bientôt disponible sur le site) :

Dans nos différents sites, début 2009 nous avions 95 enfants puis avons accueilli 30 au courant de l’année et réinséré en famille 45. En ce début 2010 nous avons 95 enfants.

Parmi les enfants accueillis plusieurs, de bas âge, ont été recommandés par le service des Affaires Sociales de la ville parce que égarés ou abandonnés; quelques-uns (unes) ont été repérés par nos éducateurs de rue dans des lieux de prostitution et amenés à notre Centre d’Accueil de Kamalondo ; d’autres sont venus spontanément se réfugier pour échapper au ratissage de la police qui les aurait mis au Centre de la Kasapa.

Réinsertion familiale : Un de nos principaux objectifs reste la réinsertion familiale des enfants sortis de la rue et accueillis à BUMI. L’année passée, nos éducateurs ont ainsi pu réinsérer en famille 45 enfants.

Cette réunification familiale est capitale pour la vie de l’enfant, mais bien délicate tant il y a de situations difficiles et délicates résoudre. Souvent les parents accusent les enfants de sorcellerie ; un argument pour cacher la raison profonde qui n’est autre que la situation économique très précaire dans laquelle se trouvent les parents, et une grande partie des habitants de Lubumbashi en général. Deux éducateurs proposant la réintégration de l’enfant, ont récemment eu des menaces de mort de la part des parents, ce qui complique d’autant plus nos démarches.

L’histoire de Vanessa témoigne de nos difficultés :

Vaness a a aujourd’hui 15 ans. Après 5 années de recherches, nous avons réussit à retrouver sa mère. Cette dernière a mis au monde Vanessa alors qu’elle n’était qu’une adolescente. Séparée de son mari car accusée de sorcellerie, elle s’est retrouvée seule avec Vanessa et ses deux petits frères. Suivant les conseils d’un « pasteur », elle a chassé Vanessa, également pour cause de sorcellerie. Lorsque nous l’avons retrouvée, cette femme vivait toujours sous l’emprise de ce pasteur, sans travail. Touchés par sa situation, nous lui avons alors proposé un travail salarié de femme d’entretien au Centre de la Mère et de l’Enfant (Dispensaire de BUMI) ainsi qu’un logement tout proche, la libérant par la même occasion des tenailles du pasteur. Aujourd’hui Vanessa est heureuse de retrouver et de vivre avec sa mère e ses frères et sœurs. Elle vient toujours à l’école à BUMI et en profite pour revoir ses copines du centre. Une vraie joie dans cette réunification.

Scolarisation : Depuis l’année passée, le Complexe scolaire BUMI de Kamalondo est partenaire de l’école secondaire « Cité de l’Espérance » qui dispense les cours dans l’enceinte de BUMI.

Cela donne une vie différente à la cour du Centre d’Accueil de Kamalondo. Ces grands élèves, (outre qu’une partie du minerval qu’ils payent est un appui aux besoins quotidiens de nos enfants), s’entendent bien avec nos petits. Ils sont à 300 élèves parmi lesquels certains se présenteront au Diplôme d’Etat en juin 2010.

A Karavia cependant, nos 60 enfants suivent l’école sur place, dans les vérandas, en attendant qu’une école puisse se construire. Vingt enfants du village, eux-mêmes orphelins et vivant avec leurs grands-parents, y sont aussi scolarisés

Zoom sur deux formations pour filles: La couture et la restauration :

Couture : nos grandes filles suivent régulièrement les cours de coupe-couture, dirigés par Mme Denise. Elles savent presque toutes utiliser une machine à coudre et confectionner robes, culottes, chemises, brassières, sacs à mains en tissu, maniques ; un atout pour leur vie de futures mères, mais surtout, un gagne-pain en travaillant comme couturière.

Restauration : Parallèlement à une formation scolaire, nous cherchions à orienter nos grandes filles, peu intéressées par les études (surtout étant donné le retard scolaire), à des formations qui leur permettraient d’entrer directement dans la vie professionnelle et de se prendre en charge dans les très prochaines années. Etant donné qu’à Kamalondo, il n’y avait pas d’autres activités rentables à part les moulins à maïs, les bistrots et la vente à l’étalage, l’idée nous est venue de faire de la restauration et d’impliquer nos jeunes filles dans ce projet de formation socio-économique.
Dans le petit restaurant que nous avons ouvert, les filles apprennent les bonnes manières de servir, les formules de politesse dans ces lieux à l’endroit du client, mais également la gestion de la nourriture et de la caisse. Ainsi, elles disposent de l’expérience nécessaire pour ouvrir leur propre commerce une fois qu’elles auront quitté BUMI. En attendant, comme toutes les ados de leur âge, elles se font coquètes avec l’argent de poche qu’elles reçoivent, évitant ainsi d’avoir recours à la prostitution.

Poulailler : En 2008 nous avions reçu la visite de RDC Gaz, une entreprise d’origine sud-africaine installée à Lubumbashi. Une fête avait été organisée dans l’enceinte de notre centre de Kamalondo, sous le thème « tujenge pa moya » (construisons ensemble).

 

En octobre 2009, RDC Gaz a réitéré la fête, mais cette fois-ci en appuyant également la réhabilitation de notre poulailler de Kamalondo avec l’achat de 100 poules pondeuses et 100 poussins de chair. Le premier objectif étant la formation des enfants, le deuxième étant l’autofinancement par la vente d’œufs et de poulets.

 

Sur les 100 poulets arrivés à maturité (2kg), 80 ont été vendus lors des fêtes de fin d’année. L’argent récolté servira notamment à réinvestir dans les poulets de chair et à doubler leur nombre. La vente d’œufs (un plateau et demi d’œufs pondus et vendus par jour) permet de racheter la nourriture pour les pondeuses. Par ailleurs, les œufs constituent un apport protéique apprécié par les enfants.

 

Arbres fruitiers : A Karavia, on a mis l’accent sur l’initiation aux activités d’élevage et de jardinage grâce au soutien de la maison médicale le Gué de Tournai (Belgique).

Plusieurs arbres fruitiers ont été plantés ; les enfants d’une classe de l’école belge de Lubumbashi sont venus participer à cette activité lors d’une journée d’initiation à la protection de l’environnement.

A Kanyemeshia, plus de 200 enfants sont actuellement scolarisés et ce grâce à l’association française Parrains de l’Espoir qui continue fidèlement à nous soutenir. Nos élèves de 6e primaire ont passé leur examen sélectif de fin d’études primaires (TENAFEP) et à notre plus grande joie, tous ont réussi.

En outre, en partenariat avec l’UNICEF, nous avons mis en place un programme d’alphabétisation et de coupe-couture pour les femmes du village de Kanyemesha.

Formation des éducateurs : parallèlement à la formation d’éducateurs spécialisés dispensée par BUMI grâce à l’appui de la Région Wallonne, deux éducateurs de BUMI ont bénéficié d’un séminaire de formation organisé par le Cefocrim (centre de formation et de recherche en Criminologie) attaché à l’université de Lubumbashi, en partenariat avec la Région Wallonne.

 

Par ailleurs, de septembre à mi-décembre, Jonathan et Aurélie, deux étudiants de l’école normale de Tournai sont venus effectuer leur stage d’éducateur spécialisé. Bientôt un centre d’accueil pour coopérants, avec une capacité d’accueil d’une dizaine de personnes, verra le jour ; ce qui permettra d’accueillir des jeunes, stagiaires, bénévoles ou de chercheurs des milieux académiques qui pourront travailler dans les différents secteurs d’intervention de BUMI ou dans d’autres structures travaillant dans le domaine du développement.

Programme agro-pastoral : notre troupeau de bovins débuté en 2005 avec 25 génisses, tout juste sevrées, compte aujourd’hui 50 têtes, malgré les deux décès dus aux maladies et au manque de moyens pour financer des soins vétérinaires coûteux.

Etangs de Karavia : Hélas 2009 aura surtout été marqué par de fortes pluies provoquant des inondations catastrophiques en périphérie de la ville de Lubumbashi.

Fin avril, ces pluies torrentielles ont ravagé nos digues et bassins à Tilapias de Karavia. BUMI a diffusé un appel de fonds pour réhabiliter d’urgence les digues et empêcher ainsi la perte des poissons et alevins.

 

L’association néo-apostolique de Strasbourg a répondu généreusement à notre appel, et leurs dons ont permis la construction d’un profond canal d’évacuation de 2 mètres de large, autant de profond, et bétonné.

Bien que les travaux soient toujours en cours, l’aménagement des étangs a permis d’éviter le pire lors du retour de la saison des pluies en décembre 09. En effet, cette fois encore des inondations sans précédent ont détruit des centaines d’habitations, laissant les familles sans abri.

 

Vente aux enchères : Pour finir l’année, BUMI a été invité par la Raw Bank à une vente aux enchères à l’occasion de la sortie du livre « Katanga Business » du réalisateur belge Thierry Michel (tiré du film du même nom). Cette vente de tableaux a été organisée en faveur des œuvres sociales. BUMI a été un des bénéficiaires ; ce qui a permis le financement de matériels de construction pour l’achèvement de l’école de Karavia.