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JANVIER 2013

 

NOUVELLES DE JANVIER 2013

 

 

Est-ce décent de parler de Grâce au joli nom, pour la nommer ainsi ; alors qu’il y a d’autres cas semblables?

Malgré de nombreuses conversations, elle n’a jamais voulu ou osé nous parler de sa famille. Et à chaque conversation elle nous donne des renseignements différents. Ce qui est certain : elle vient du Kasaï, accueillie à BUMI en mai 2005, âgée d’environ 7 ans ; elle a donc aujourd’hui 15 ans. Enfant fermée à notre égard mais vivante avec ses camarades.

Pendant son séjour à BUMI, elle fait plusieurs fugues vers la prostitution, commençant très jeune. A chaque fois BUMI l’a reprise pour la protéger. Nous en avions parlé au Maire de la ville qui a envoyé sa Police chez la prostituée désignée qui l’a engagée. Le rapport était pour nous accablant : « Grâce va bien, la prostituée s’occupe bien d’elle » !!

Finalement Grâce revient d’elle-même à la « maison », à BUMI. Longtemps elle reste traumatisée, ne parle pas et ne veut plus sortir de la cour. Nous ne l’emmenions plus à Karavia, la route passant devant la « maison de passe » à Kabulameshi. Lors de la dernière fugue, heureusement pour elle, Grâce vole (argent et télévision). Elle fuit et revient à BUMI les mains vides ; pour se réfugier ? Avoir de l’aide pour un changement de comportement ?

Les jours se suivent.

Elle ne parle pas avec les éducateurs ni avec nous. Est-ce l’adolescence ? Mais derrière notre dos, elle ne se montre pas gentille envers les plus petits, les tape, leur vole biscuits et autres choses.

Sa dernière fugue date du mois d’août 2012. Son comportement et relation communautaires ne changent pas : refus de rendre service (puiser de l’eau, faire la lessive…), disputes, bouderies, bande à part opposée aux plus petits...

Depuis son retour « à la maison », nous, responsables, nous évertuons vraiment à nous montrer particulièrement gentils, aimables envers elle, nous montrant davantage attentifs à elle plus qu’avec les autres dans le but qu’elle s’intègre, s’épanouisse, et oublie la prostitution. Aucune réponse de sa part.

Comme les autres enfants continuent à se plaindre de l'attitude de Grâce et de celle d'une autre "grande" fille, nous prenons les deux filles chez nous à domicile, comme nous avons l’habitude de le faire avec les enfants en difficulté momentanée. Les filles continuent cependant à aller à notre école à Kamalondo.

Ce jeudi 24 janvier 2013, nous étions à Karavia ; l’éducateur nous téléphone : Grâce, Laetitia et Kalenga ne sont pas allées en classe, ont fait le mur à Kamalondo. Maman Thérèse se rend à notre domicile et attend les filles : elles avaient emballé leurs affaires ; la fuite était donc prévue.

Lucien est moins compréhensif, visant un résultat tangible.

Maman Thérèse s’appuie sur son principe de vie : "c’est précisément pour ce genre d’enfants que nous sommes ici, les enfants accueillis ne sont pas des anges, essayons de les transformer, même si on ne réussit pas, on leur aura donné la chance ! NE REGRETTONS QUE LE BIEN QUE NOUS N'AVONS PAS FAIT".