Mai 2010Déborah et Georges


Ce 8 avril 2010, nous recevions Déborah et Georges recommandés par le Bourgmestre de Kamalondo.

Ces enfants ont été trouvés abandonnés dans le triangle Commune Kenya/ Cne Kamalondo, au lieu dit « aux chèvres ».

Déborah est en bonne santé environ trois ans d’âge, pesant 11 kg.

Georges a six dents, âgé d’environ seize mois, de petit poids, 6 kg, aux joues et pieds gonflés traduisant une malnutrition.


ONG Bumi : Thérèse avec Déborah et Georges




Maman Thérèse décide de les prendre chez elle à la maison. Du travail supplémentaire que de prendre en charge de si petits, fussent-ils magnifiques et gentils comme ces deux.



A Kamalondo, la situation actuelle ne nous permet pas de leur offrir le suivi que nécessite leur âge et leur santé encore fragile.

Bumi a seules deux éducatrices pour 60 enfants.


Déborah pour son âge, parle aisément le kiswahili. Georges se débrouille à sa façon. Déborah est « propre » de jour comme de nuit et Georges porte une couche.

Ainsi, par Déborah nous apprenons petit à petit (faudrait évidemment vérifier, car Déborah peut ne pas savoir exactement) que :


  • Déborah s’appelle Déborah Sakina, un nom des Bahemba, tribu du nord du Katanga. Un indice d’origine.
  • à Georges, Déborah n’a pu ajouter de nom.
  • leur maman s’appelle Da Mamy, (toutes les mamans du monde s’appellent Maman ; n’est-ce pas beau ?) c’est elle qui les a abandonnés leur disant de rester assis là. «La nuit, j’ai bien tenu Bébé Georges qui pleurait » raconte Déborah. Leur mère travaillerait dans un restaurant de la Gécamines.
  • Leur père serait « Soda », soldat ( ?) mais « n’a pas de fusil » dit Déborah. Il ne vit pas avec leur mère. Serait-il gardien en uniforme dans une entreprise ?
  • Une des grand-mères se nomme Cimbu qui va aux champs et en revient avec des arachides, du manioc. Elle n’a pas de mari.

Qu’en est-il exactement ? Faire des recherches va prendre du temps et de l’argent car la télé ou la radio veut être payée même pour ce genre de recherche ; rien n’est gratuit à Lubumbashi. Mais, les recherches sont nécessaires ; les enfants ont besoin de leur mère, de leur famille.


Pourtant nous sommes convaincus que les recherches de leur famille n’aboutiront pas ; car ces enfants ont été jetés certainement parce que dits « sorciers ». Or les cas de sorcellerie sont intraitables ; les enfants apporteront le malheur dans la famille. La seule solution est de s’en débarrasser.


Depuis que les enfants sont en famille chez nous, ils se mettent à apprendre parler français, à compter. Georges imite sa sœur et sa santé va mieux grâce au régime riche en protéines surtout à base de lait.

Nous passons de bons moments avec eux. Hélas notre charge de travail ne nous donne pas assez de temps à leur consacrer.


Ces enfants ont besoin d’une famille d’accueil ou d’adoption.


Avant l’arrivée de Déborah et Georges nous avons déjà accueilli six nouveaux enfants (certains frères et sœurs).

Léonard vient d’arriver la semaine du 25 au 30 avril abandonné par sa mère . Léonard pensait que le mari de sa mère était son père. Hélas ! Ses parents sont séparés. La mère est partie, nous ne savons où, et le mari de la mère de Léonard ne voulant rien savoir de Léonard, qu’il ne reconnaît pas comme son fils, va le déposer à La Commune parce que sorcier. Léonard doit avoir huit ans.


Au même moment, les Affaires Sociales de la Commune de Kampemba amène un petit garçon très malnutri (jambes œdématisés , visage bouffi etc ..) traduisant une malnutrition grave, ne sachant pas parler, présentant aussi des signes de problèmes mentaux, ( épilepsie ?).

Une fois la malnutrition résolue, nous irons lui faire une examen neurologique. Nous ne connaissons pas son nom ; avant de lui en donner un, nous attendrons qu’il commence à parler et il pourra peut-être nous dire son nom. L’enfant doit avoir environ trois ans.


Hier le 7 mai, le Chef de Bureau de des Affaires Sociales de la Ville de Lubumbashi nous « recommande » deux jeunes filles de seize et dix sept ans :

Irène handicapée à une jambe et à une main et Alphonsine handicapée à une main. Toutes les deux, quoique n’étant pas de la même famille, racontent avoir été abandonnées par leur parents. Irène a fait la polio à l’âge de six. Elles semblent mentalement saines. Le travail d’écoute continue pour identifier les liens familiaux ou parenté.

Le mieux pour ces jeunes filles, comme pour nos autres grandes filles, c’est de leur donner une formation professionnelle afin de les rendre autonomes dans un avenir proche.


Depuis le début de 2010, nous avons été très sollicités pour accueillir de nombreux enfants souvent recommandés par les Autorités Communales.

Cette sollicitation traduit une crise économique dans notre région et la pauvreté de la population. Ce qui semble paradoxale dans une région minière dont les exploitations de minerais donnait de l’espoir à la population. Hélas, ce ne sont que les riches qui s’en sont enrichis sur le dos des ouvriers- creuseurs manuels-porteurs de sacs de minerais. (voir le film « Katanga Business » de Thierry Michel).


Bumi ne peut continuellement subvenir financièrement aux besoins de tous ces enfants. Faut-il refuser systématiquement un enfant en détresse pour qui notre refus lui donnerait la mort ?

Nous avons l’impression que les instances officielles, Affaires Humanitaires, Affaires sociales, n’ont comme action que de « recommander » tous ces petits malheureux à des Homes ou Centres d’Accueil privés. Et pourtant elles ont un budget de l’Etat et cette année a été déclarée « année du social » ...


Les enfants de Karavia sont heureux d’avoir leur petite école de deux salles de classe. Bumi a construit cette école et a été soutenu par Rawbank à qui nous sommes reconnaissants. Nous sommes en saison sèche, Bumi se met à fabriquer des briques pour ajouter des salles en vue d’accueillir davantage enfants du village Karavia qui ne vont pas à l’école. Nos éducateurs ont identifié 86 enfants non scolarisés.

L’éducation de base étant importante, nous sollicitons encore une fois l’aide des amis de Bumi.


En guise d’activité extrascolaire, Mr Blaise , enseignant à Bumi, a mis en place une équipe de foot de petits garçons dans le but de les initier au sport communautaire, les occuper et prévenir le vagabondage (enfants de la rue). Les enfants sont contents de leur coach. Nous comptons organiser pendant les grandes vacances une colonie de vacances pour les enfants Bumi et ceux du village, à Karavia il y a de l’espace. Pour cette activité, des sponsors sont les bienvenus.