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NOVEMBRE 2012

 

NOUVELLES DE NOVEMBRE 2012

Depuis un bout de temps, vous n’avez plus eu de nos nouvelles. Et pourtant BUMI est toujours au service des plus démunis, surtout des enfants.

En 2011-2012 de nombreuses activités ont été réalisées grâce à votre générosité, au soutien régulier et investissement de nos fidèles partenaires.

 

 

La protection des enfants en situation difficile accueillis :

· dans notre site de Kamalondo, 40 enfants y sont hébergés, pris en charge pour le logement, l’éducation, l’alimentation, la scolarisation, la santé. Ce nombre est fluctuant.

Liberty Ma Maison s’est engagé depuis deux ans à nous fournir mensuellement la farine de maïs, nourriture de base. C’est un appui hautement appréciable et donc un soulagement financier à notre budget. Qu’il voit ici nos remerciements. Des donateurs ponctuels avec du pain, des friandises et autres viennent de temps en temps faire plaisir aux enfants internés.

· Dans notre site de Karavia, les maisons familiales accueillent 35 enfants vivant en petits groupes, allant à l’école Bumi avec les enfants du quartier. Ce cadre ouvert est propice à une bonne intégration dans la communauté villageoise.

Nous disons aussi merci à SOS-Enfants qui intervient dans les besoins quotidiens des enfants hébergés. Le coût journalier de prise en charge d’un enfant est de 1.90 euro.

Une action très importante de ce projet d’accueil est la réunification familiale. Nous avons retrouvé les familles de 19 enfants. Les Apprentis Orphelins d’Auteuil participent à cette action à la hauteur de 4 000 Euros par an.

C’est un processus de plusieurs mois, voire années, de contacts, de médiation avec les parents. Nos éducateurs ont parfois bien des soucis pour être reçus par la famille, tant de problèmes, de rancœurs resurgissent. Ils y vont avec simplicité, sans préjudice, ayant pour seul objectif le bien de l’enfant qui ne passe que par le renouement avec la famille. Un travail de patience, d’écoute, d’impartialité, des allées et venues. Médiation et réunification qui peuvent réussir ou échouer.

Dans ce dernier cas, il faut s’y reprendre quelque temps plus tard. Nous demandons aux parents de s’engager par écrit à prendre soin de leur enfant quant à scolarisation, l’alimentation, la santé. L’enfant réunifié trouvera-t-il une prise en charge équivalente à celle de Bumi : être écouté, considéré, un lit, un repas 3 fois par jour, soigné quand il sera malade ? Rien n’est évident. Et surtout nous comptons sur l’affection que les parents sauront lui redonner afin que la réinsertion soit durable. Et pour prévenir l’échec toujours à craindre, souvent l’enfant resté en famille vient à l’école de Bumi qui lui donne les fournitures scolaires ; il bénéficie du repas de midi avec ses anciens camarades. C’est ainsi le suivi de cette réintégration débutante.

L’enfant réinséré qui ne revient plus au Centre Bumi est suivi périodiquement par nos éducateurs.

Pour que cette réinsertion familiale soit définitive et hors d’échec, et que l’enfant ne se retrouve plus jamais dans la rue, il faudrait aider financièrement la famille à organiser une activité économique. La seule vraie raison qui a poussé l’enfant hors de la famille, c’est la faim, la déscolarisation, bref la pauvreté, et non la sorcellerie dont l’enfant est devenu bouc émissaire.

Cette action de protection n’est pas uniquement une question de « cœur », d’humanité, mais aussi une question de moyens financiers pour lesquels nous remercions tous ceux qui nous accompagnent.

 

 

Education

L’école de Kamalondo avec ses classes maternelles, primaires, secondaires (couture, commerciale, pédagogie, informatique, a une population de 60 élèves. L’école fonctionne dans l’enceinte de la Maison Bumi.

La majorité de nos enfants hébergés sont en primaire. Le fait que les enfants externes issus de familles défavorisées fréquentent l’établissement, évite la marginalisation des nos enfants, crée, l’amitié, favorise l’intégration dans la communauté.

Pour 2012-2013, ce programme d’éducation éprouve de grosses difficultés pour le fonctionnement (salaires des enseignants, équipement matériels didactiques). L’Etat avait promis la gratuité de l’enseignement de base (le primaire). Il n’en est rien. Très nombreux sont les enfants issus de foyers pauvres qui ne vont pas à l’école. Toutes les écoles tant publiques que privées, sont payantes. Le minerval varie de 10 à 100 USD par mois sans compter les fournitures scolaires. Et si vous êtes père de famille nombreuse …? Avec un tarif pareil (appelé FIP = frais d’intervention ponctuelle) les pauvres n’auront pas droit à l’éducation, seront donc exclus de la société, n’auront pas droit à la parole sociale, pas droit aux décisions.

Bumi est engagé par son action humanitaire et grâce au soutien des donateurs à aider les enfants pauvres à fréquenter l’école.

L’école de Karavia en périphérie de la ville de Lubumbashi s’est développée en 2011-2012 grâce à l’intervention de SOS-Enfants et à notre apport local. Elle compte 250 élèves issus de famille pauvres dont 65 % de fillettes qui seraient exclues de toute scolarisation si Bumi n’était pas là. C’est un grand bien, car cela évite ainsi à ces petites filles de devoir rester à la maison à garder et la maison et les petits frères, et cela évite aussi le mariage précoce (vers 13-14 ans). Ce que nous écrivons ici vaut aussi pour Kamalondo.

Vue leurs conditions de vie, les parents ont plus que du mal à payer les 3000 Francs Congolais ( = 2.6 euro) mensuels de minerval que notre école leur demande pour frais de participation.

L’aide, régulière ou ponctuelle, des donateurs pourrait être le seul moyen pour scolariser ces enfants. Nous réfléchissons comment faire une activité économique avec les femmes dont les enfants sont à l’école pour qu’elles puissent participer à la scolarisation de leurs enfants. Le budget de l’école s’élève modestement à 2250 euros par mois (salaire, fonctionnement).

Actuellement, trois filles sont en coupe-couture et restauration ; deux garçons en élevage, pisciculture, agriculture.

 

 

Santé

Le bâtiment de l’Etat abritant le Centre de la Mère et de l’Enfant est occupé presque en partie par des bureaux de l’Etat, et des privés aussi. Le Ministre des Affaires Sociales avait demandé le déménagement du centre de la Mère et de l’Enfant en vue d’y installer ses propres activités, comme si la population de Kamalondo n’avait pas besoin des soins de santé prodigués par Bumi.

Le projet de construction d’une maternité propre à Bumi introduit auprès des Ministères des Infrastructures et des Affaires Sociales, n’a pas abouti. Pour le moment les mères accouchent dans des locaux très étroits. Trouver des fonds pour une maternité ? !

Malgré cela Bumi continue ses consultations prénatales, de médecine générale.


Depuis début novembre, Lubumbashi est frappé par une épidémie de choléra. Heureusement les morts sont peu nombreux. MSF a installé des tentes de traitement, des citernes d’eau au bord de la rivière Karavia sur notre terrain et dans la Commune de Kenya. Les malades y sont soignés gratuitement.